L’impact des Cuma sur l’environnement
En regroupant près d’un agriculteur sur deux, les Cuma sont un véritable vivier de changements pour l’environnement. Partager ensemble une nouvelle pratique peut mener à des transformations en profondeur des territoires.

Quel est le lien entre Cuma et phyto ?
« Plus il y a de membres de Cuma sur un territoire, moins il y a de consommation de pesticides ». Ces observations sont étudiées dans le projet 2IDCUMA*, qui a pour objet d’identifier la contribution des organisations collectives à la transition agroécologique.
Le consortium scientifique du projet 2IDCUMA a abouti à la publication d’un article scientifique dans la revue Ecological Economics. Ces résultats permettent de mettre en lumière le rôle des Cuma et du réseau fédératif dans la transition agroécologique.
Voici le résumé :
Cet article analyse les avantages environnementaux de la coopération au niveau local. Pour ce faire, il se concentre sur le contexte agricole français, qui se caractérise à la fois par d’énormes défis environnementaux en raison de sa forte dépendance aux pesticides et par une forte coopération entre agriculteurs, en particulier via leur participation à des coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA).
Nous faisons l’hypothèse que ces coopératives, dont la gouvernance peut être conceptualisée comme un bien commun créé par l’homme, contribuent à réduire l’utilisation des pesticides en apportant des changements qualitatifs à la fois dans le stock de ressources (c’est-à-dire l’investissement collectif dans des machines agroécologiques) et dans la manière dont les agriculteurs s’approprient le flux de ressources (c’est-à-dire que les agriculteurs réorientent les machines existantes vers des activités vertueuses sur le plan écologique). Notre analyse économétrique exploite un ensemble de données fournies par la Fédération nationale des CUMA sur 5 793 coopératives individuelles.
Nos résultats montrent que la présence de CUMA dans les zones locales est associée à une réduction significative de la consommation de pesticides. De plus, cet « effet CUMA » est probablement lié à un changement dans les moyens de production (i.e. les machines partagées) mais aussi – et peut-être plus sûrement – à la façon dont les membres changent leur utilisation de ces moyens de production (à travers des échanges sociotechniques entre pairs). Ces résultats soutiennent l’idée d’une potentielle « transition agroécologique cachée ».
Source : Cornée Simon, Rousseliere Damien and Thelen Véronique, The Environmental Benefits of Grassroots Cooperatives in Agriculture, submitted in Ecological Economics
* 2IDCUMA : Identifier l’Impact Différencié des CUMA dans la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires est un lauréat de l’Appel à projets Ecophyto – Parties Prenantes 2020. La FNCUMA est partenaire avec l’Université de Rennes de ce projet piloté par AgroCampusOuest
Plus d’informations sur le projet

2IDCUMA
2022-2025
Identifier la contribution des organisations collectives à la transition agroécologique, en s’intéressant spécifiquement au cas des Cuma.